Traitement

En l’absence de traitement, la maladie évolue spontanément de façon défavorable, avec une aggravation des TOCs.

Il est nécessaire d’allier un traitement et un suivi médical. Une personne traitée mais non suivi médicalement par un spécialiste en troubles obsessionnels, en particulier lors de la première année ne possedera pas toutes les armes pour combattre ces troubles.

En règle générale, un traitement médicamental est associé à une thérapie comportementale et cognitive.

Méfiez-vous des méthodes basées sur l’auto-traitement. Vous pourrez trouver sur internet nombre de sites de sophrologie proposant moyennant une somme d’argent de vous envoyer des coffrets de CD de relaxation avec pour objectif la disparition des TOCs ou tout au moins leur forte atténuation.

A mon sens, ceci est dangereux, car seul vous ne pourrez lutter efficacement contre les TOcs. Il vous faut un oeil neuf, un thérapeute.


MEDICAMENTS

Ils sont de la classe des sérotinergiques : fluoxétine, paroxétine et sertraline. Il s’agit d’inhibiteur de recapture de la sérotonine. Ces médicaments présentent bien-sûr quelques effets secondaires, variables selon les patients, et à voir avec votre médecin.

Un point important à souligner est leur effet à long terme ( en général 3 à 6 mois ). Il est nécessaire de suivre strictement la prise de ces médicaments, afin d’optimiser leur efficacité.

Des anxyolitiques peuvent être prescrits en cas d’angoisse trop importante.

THERAPIE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE

Cette thérapie a été développée par deux psychiatres américains dans les années 60 : Albert Ellis et Aaron Beck, et se fonde sur deux points : la cognition ( nos pensées ) et le comportement, c’est-à-dire la façon dont nous pouvons modifier nos comportements par nos pensées.

Sur la base d’un nouvel apprentissage de nos pensées, nous pouvons ainsi améliorer notre comportement face à une situation phobique, en s’appuyant également sur des méthodes de relaxation. Cette thérapie se fonde sur des expositions contrôlées aux situations anxiogènes et sur l’étude et la maîtrise de nos pensées.

Ce sujet sera développé dans la partie consacrée aux TCC.


NEUROCHIRURGIE

Dans certains cas graves est observée une résistance aux thérapies précédentes ( psychothérapie comportementale et cognitive, et médicaments ). Les troubles obsessionnels évoluent alors vers une forme très handicapante, et pouvant constituer une indication à un traitement neurochirurgical.

La décision d’appliquer ce traitement revient à une équipe multidisciplinaire ( médecin, neurochirurgien, neurologue, psychiatre et neuropsychologue ).

L’indication neurochirurgicale est posée en dernier, si toutes les autres formes de thérapies ont échouées, et selon certains critères de retentissement psycho-social invalidant et sévère, ainsi qu’une présence de TOCs évoluant depuis au-moins cinq ans.

Malgré quelques résultats positifs, la psychochirurgie reste controversée d’un point de vue éthique du fait de son caractère expérimental et d’un passé lourd en interventions hasardeuses.

C’est pourquoi il est important de réunir le consentement du patient, des critères précis de sévèrité et d’handicap, et un comité de médecins.

( source : traitement psychochirurgical des tocs malins : à propos de trois cas, par M. Polosan, B. Millet, T. Bougerol, J-P. Olié, B. Devaux )