Mon histoire

Rassurez-vous je ne vais pas vous raconter en détail tous les évènements marquants de ma vie, depuis ma naissance jusqu’à aujourd’hui.

Je tiens simplement à vous relater les origines et le développement de mes Troubles Obsessionnels Compulsifs.

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De nature plutôt anxieuse, je pense avoir été un terrain favorable à l’émergence de cette pathologie. Celle-ci devait déjà commencer à pointer le bout de son nez dès l’âge de 18 ans où j’angoissais facilement à l’idée que ce que je disais puisse nuire à autrui. Disons que mon anxiété grimpait plus que de raison. Mais enfin cela n’arrivait pas tous les jours.

Etudiant, je commençais à vérifier plusieurs fois de suite le soir ou le matin que ma porte d’entrée était bien fermée. Je faisais également attention dans la rue à ne pas déplacer un caillou ou un objet, de peur que par ma faute cet objet ne fasse tomber quelqu’un et qu’il se blesse. Je replaçais sinon le caillou exact(ement à sa place d’origine.Je n’étais pas atteint encore de TOC mais je pense tout de même que ces actes laissaient présager de la survenue possible de TOC plus tard.

Ayant obtenu mon diplôme, je travaillais dans une clinique en Bretagne dans le milieu paramédical.Pendant trois ans, tout s’est bien passé. Puis j’ai commencé à craindre de mal faire mon travail et d’oublier quelque chose. Je redoutais particulièrement le fait qu’un patient, par ma faute, sorte avec un diagnostic incomplet. Bien sûr tout cela se passait dans ma tête, et j’ai toujours fait correctement mon travail. Néanmoins les obsessions d’erreur augmentaient. Je demandais donc fréquemment aux médecins si mon travail était correct. Cela ralentissait un peu mon travail.

Je pense que mes TOCs ont véritablement commencé à-parrtir de là.

Un an plus tard, une nouvelle obsession a émergé : celle de transmettre une infection nosocomiale à un patient. Mon emploi m’amenait fréquemment à déballer du matériel stérile jetable, qui devait être donné au médecin. Sans raison j’ai commencé à douter de mes gestes, et à penser que j’avais peut-être touché une seringue stérile avec les mains par exemple. Je jettais donc celle-ci et en déballais une autre en me concentrant bien sur mes gestes. Le fait de douter d’un acte que je venais de faire entraînait une obsession qui durait environ 1 à 2 heures, avec une angoisse grimpant à 4-5/10.

Je pense avoir eu en moyenne une à deux obsessions par jour, et ce pendant un an. Au-cours de cette année j’ai été amené à me former à un nouveau type d’examendont le rythme était plus élevé, et au-cours duquel je devais perfuser souvent des patients, en vue de leur injecter un produit. Ce produit possède, comme tout produit médical, des contre-indications qu’il fallait vérifier. Au bout de 6 mois mes TOCs ont franchi un nouveau pallier, et mes obsessions et compulsions ont augmenté d’un cran. Je redoutais particulièrement d’oublier une contre-indication et revérifiais parfois trois fois de suite auprès du patient. Au-cours de cette période, mes obsessions durais environ 4h par jour et mes compulsions environ 1 heure. La gravité des tocs augmentant et ralentissant donc mon travail, je dus changer de poste et revenir à un poste au rythme moins soutenu, que mes employeurs, compréhensifs, m’ont proposé.

Mes obsessions et compulsions se sont aggravés doucement, avec des haut et des bas. 6 mois avant mon arrêt de travail, une nouvelle obsession se mit en marche, celle qui allait ensuite prendre le pas sur toutes les autres : l’obsession de contamination par le sang. Je redoutais particulièrement de pouvoir être un vecteur de transmission, en oubliant de nettoyer le recoin d’un matériel, qu’un autre patient toucherait ensuite. Je commençais également à me laver vplusieurs fois de suite les mains, ainsi que le robinet. Je passais également beaucoup de temps à nettoyer mon matériel. Il m’arrivait ainsi souvent de terminer une à deux heures plus tard le soir.

Deux mois avant mon arrêt, les troubles ont explosé et m’handicapait non seulement au travail mais aussi chez moi, où je redoutais de ramener du sang. Cela vous semble peut-être insensé, et vous auriez raison, mais ma logique était implacable dans mon esprit, et l’évènement tout à fait plausible.

Je passais ainsi plusieurs heures chez moi à nettoyer et désinfecter avec de l’eau de javel, et à me changer et me doucher entièrement en revenant du travail. Mes mains étaient sèches et gercées du fait des lavages répétés.

Les dernières semaines, je passais la soirée entière à nettoyer mon appartement et ma voiture à l’eau de Javel pure, et à me laver. Il m’arrivait parfois de douter de l’efficacité du lavage et à me passer du désinfectant ( alcool 90° ) directement dans les cheveux ou sur les mains. Mes obsessions duraient en moyenne 10 à 12h par jour et mes compulsions 6 heures.

Mon médecin de famille me conseilla de consulter rapidement un psychiatre spécialisé dans le traitement des Troubles Obsessionnels Compulsifs. Celui-ci diagnostiqua des TOCs sévères et me mit immédiatement en arrêt.

Ce fut le début de la lutte contre cette pathologie, et le commencement d’une thérapie comportementale et cognitive.

Actuellement je suis en reconversion professionnelle, n’étant plus capable d’approcher le milieu médical ( cliniques, personnel soignant, … ) et donc plus en mesure de reprendre mon ancien travail.

Depuis cette époque, j’ai fait d’énormes progrès ( enfin je pense! Smile ), et suis descendu à 1 à 2 heures d’obsession par jour et environ 1 heure de compulsion.

2 commentaires

  1. Sylvy dit :

    Bonjour,
    Quand je lis ton témoignage je me vois dans ce que tu écris… les rituels ne sont pas exactement mais les mêmes mais la souffrance et le stress éprouvés sont les mêmes. Js suis heureuse que tu ais pu diminuer tes TOC.

  2. blenny dit :

    Bonjour, je te souhaite beaucoup de courage et félicitations d’avoir réussi à diminuer les tocs. Bonne continuation. Merci pour ton témoignage.

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