Episode 2 : Hospitalisation pendant 2 semaines

Dans cet article, je décris les évènements et les émotions ressentis durant mon hospitalisation en décembre 2014.

En fin d’année 2014, mes troubles ont suffisamment augmenté pour qu’un médecin me recommande l’hospitalisation dans une structure adaptée, en l’occurence un hôpital psychiatrique.

Je suis tout d’abord reçu par un psychiatre d’accueil, avec lequel je discute et qui me recommande une hospitalisation dans une structure dédié aux TOCS et aux troubles anxieux. Il s’agit d’un pavillon séparé de l’hôpital et pourvu de chambres, de locaux de soins infirmiers et de salles de consultation.

Le premier jour, je suis accueilli par l’équipe de soin qui m’informe des modalités de l’hospitalisation.
J’installe mes affaires dans les placards. Je suis déjà un peu anxieux d’être dans une structure hospitalière et du fait de mes antécédents d’obsessions liées au milieu médical. Les moindre tâches rouge, orange, marron ou rose font augmenter mon angoisse. Mes obsessions de contamination me les font en effet automatiquement associer à du sang. Déjà je repère 2 ou 3 tâches orangées. J’ai beau me dire que je suis dans un pavillon isolé de l’hôpital, l’angoisse est déjà là.

Le psychiatre du service discute avec moi de mes troubles et me conseille d’y aller progressivement et de me donner des objectifs simples, par exemple en diminuant le nombre des compulsions. Si je dois me laver les mains, essayer de ne me les laver qu’une ou deux fois, pas plus. Mon traitement médicamenteux est changé.

Les jours passent, avec dans les premiers jours une amélioration de mes troubles.

Les prises de médicament se font dans le local infirmier. Tous les après-midi un goûter nous est servi dans le local télé, ce qui nous donne l’occasion de tous nous retrouver entre patients et de discuter.
Toute l’équipe soignante est accueillante et attentive aux besoins des patients. Des activités sont proposées l’après-midi : marche à pied, …

Malheureusement, lors de la 2ème semaine mes obsessions concernant la contamination vont en empirant. Un matin, mon nez se met un peu à saigner alors que je lis dans un fauteuil. Je me nettoie et change de haut. Ayant peur d’avoir pu salir le fauteuil, je le nettoie avec une lingette désinfectante. La journée se passe bien par la suite.

Le lendemain a été très difficile : Après avoir pris une douche et alors que je m’essuyais, je remarque une tâche rouge sur la serviette blanche. Ma première pensée est : « Etait-elle là avant que je ne m’essuie ? »
Je mets en place un argumentaire pour contrer tout de suite cette idée obsédante :
– « J’ai saigné du nez hier, il en restait peut-être encore un peu dans mon nez, et cela s’est déposé sur la serviette.
Il s’agit sans doute de mon sang »
– « Ce n’est peut-être pas du sang »

Rien n’y fait. Je finis par reprendre une douche, puis par enlever la serviette qui était sous la serviette tâchée.
Au cours de la journée, l’angoisse ne fait que monter. Je pense maintenant que le casier contenant les serviettes est contaminé, ainsi que le coin de la pièce où j’ai placé temporairement la serviette sale, avant de la mettre dans le bac à linge sale du couloir.

Le niveau d’angoisse est monté à 8/10.

Le lendemain je prends garde d’approcher du casier que je considère comme « contaminé ». Dans l’après-midi, ma manche frôle celui-ci. J’essaie de ne pas en tenir compte et je me rassoie pour écouter de la musique. L’angoisse monte. Je tente une séance de relaxation, mais rien n’y fait.
J’analyse les zones de la pièce que j’ai pu toucher avec ma manche :
– Barre inférieure du lit
– Poignée des toilettes
– Drap du lit
Je nettoie aux lingettes, pourtant cela ne suffit pas à apaiser mon angoisse.

Peu à peu, les zones que je considère comme contaminées s’étendent dans ma chambre, à tel point que je dois dormir sur le côté, sans toucher les barres inférieure et supérieure du lit, ni la couverture et la majeure partie du drap.
A force de me laver les mains, celles-ci sont craquelées et rouges, et saignent. Je passe mon temps à appliquer de la crème pour les mains. Mon niveau d’angoisse ne descend pas en-dessous de 5/10 pendant les 3 derniers jours.
Histoire de rigoler un peu plus, j’ai un deuxième léger saignement de nez, ce qui me vaut de prendre une douche et de changer de vêtement.

La veille du dernier jour, je ne dort quasiment pas, de peur de toucher une zone « contaminée ». Le lendemain je culmine à 9/10 d’angoisse et prend 3 douches le matin, change plusieurs fois de vêtements.

Le médecin vient me voir pour faire le point avant de sortir. Je lui dis que malgré les fortes périodes d’angoisse des derniers jours, j’ai pu faire quelques progrès la première semaine. Toutefois je lui avoue que l’hospitalisation pour moi n’est pas une solution car elle engendre des angoisses trop fortes.
Avec le recul aujourd’hui, je pense que je ne me ferais plus hospitaliser, car l’expérience fut trop forte et les angoisses trop élevées.

2 Comments

2 commentaires

  1. GOUBERT dit :

    Bonjour,

    je me permets de vous écrire car ma fille de 13 ans a développé depuis un mois des TOCS comme vous avez eus, elle vit l’enfer et nous aussi, on se sent abandonné par le milieu médical et impuissants. Là elle est sous Zoloft et Atarax. Je voudrais savoir si vous auriez des conseils à nous donner, si vous avez trouvé comment calmer ces angoisses et TOCS, si vous avez des bonnes adresses de psychiatres car nous on est tombé sur deux très décevants.
    Je vous remercie beaucoup d’avance pour votre réponse.

  2. Bonjour,

    Vous pouvez consulter le site de l’AFTCC, afin de trouver un thérapeute qui pratique les Thérapies Comportementales et Cognitives.

    J’ai moi aussi consulté de nombreux thérapeutes. Vous pourrez peut-être avoir des adresses d’autres thérapeutes ou des conseils sur le site de l’AFTOC, en contactant les groupes de parole disponibles dans chaque département (http://aftoc.org/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=36).

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