Episode 1 : Vers l’hospitalisation

Me voici donc en décembre 2014, toujours sous l’emprise de nombreuses obsessions.

Une idée obsédante autour d’une tâche rouge sur un objet dure cependant plus longtemps que d’habitude, depuis une semaine, avec une angoisse qui stagne souvent autour de 4 à 7/10. Cet objet ayant été déplacé plusieurs fois, j’ai catalogué de nombreux secteurs de la maison comme étant « contaminés » : salle à manger, cuisine, salon, couloirs. Dans le salon par exemple, je ne peux plus m’asseoir que sur le canapé et ne peux toucher à aucun autre objet sans devoir me laver les mains. Progressivement, une grande partie de la maison devient pour moi « contaminée ». J’ai essayé de mettre en place un traitement cognitif en me raisonnant et en argumentant mais l’angoisse continue quand même et augmente.

Manger est devenu problématique, car j’ai peur à chaque fois que je manipule la fourchette (A-t-elle touchée la table ? Les aliments présents sur la fourchette sont-ils « contaminés »). En cas de doute, si je pense avoir porté à ma bouche un aliment « contaminé », il me faut le recracher et me rincer la bouche.

La situation empire de plus en plus. Je ne peux plus manger les aliments préparés à la maison ni manger avec d’autres personnes. Il me faut prendre des plats cuisinés individuels sous sachet, que je mange après la famille. Je prend beaucoup de précautions pour ouvrir chaque plat, et il m’arrive d’en jeter si je pense en avoir touché l’intérieur. J’en suis rendu à un point où lorsque j’avale un aliment avec une fourchette sur laquelle une tâche rouge est présente, je vais me faire vomir tout-de-suite. Je suis en état de panique continuellement, et il m’est arrivé certaines fois de vomir un peu de sang.

Je ne contrôle plus rien et mon moral chute. Tous ces évènements ont eu lieu en l’espace de quelques jours. Mes proches font tout pour m’aider, mais je n’arrive pas à faire baisser mon angoisse.

C’est à ce moment que je contacte ma psychologue pour un appel à l’aide. Celle-ci appelle avec mon accord l’hôpital psychiatrique afin d’avoir un rendez-vous avec un psychiatre.

Je rencontre et discute avec le médecin, qui juge que mon état nécessite une hospitalisation dans un service spécialisé dans le traitement des TOCs. Je suis anxieux et en même temps soulagé de savoir que mon état sera pris en charge par des spécialistes et dans une structure adaptée.

Le prochain article traitera de l’hospitalisation.

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