Rechute aujourd’hui : moral en berne…

Tout d’abord une explication sur mon absence prolongée sur le blog : 3 semaines d’interruption de connection Internet, et une période d’examens. Je vais me rattrapper, ne vous en faites pas.

Cette période d’examens est stressante et ne favorise évidement pas la lutte contremes troubles obsessionnels. Après ce court préambule, place maintenant à l’article dont le titre est explicite.

2 heures de compulsion d’affilée ce soir! J’ai bien cru ne pas pouvoir sortir de la salle de bains. J’ai vais vous relater cette journée, cela me permettra d’y voir plus clair, et peut-être de relativiser enfin.

  •  10h30 : Rendez-vous chez un ORL pour des problèmes de sifflement dans l’oreille gauche. Je suspecte un possible problème de tympan, mon médecin m’ayant confirmé une otite la veille. Je pense déjà à ce rendez-vous dans un contexte médicale pour lequel j’ai de nombreuses obsessions ( les tâches rouges ou marrons que je rencontrerais dans le cabinet serait du sang à 80% dans mon esprit). D’emblée je signale au médecin que j’ai des TOCsdont les obsessions tournent autour du sang et des contaminations sanguines. Très compréhensif, celui-ci me rassure et me dis que ces instruments sont désinfectés, et les spéculums pour oreilles sont à usage unique. La consultation terminée, je respire enfin et constate que j’ai pas d’obsessions qui se déclarent.
  • Rassénéré et confiant, je  me dirige vers le centre-ville pour faire signer un certificat de stage. Sur la route, je croise un animal écrasé sur le bord de la route. Et hop une exposition! Je pratique tout-de-suite un argumentaire qui réussit finalement, en me persuadant que des milliers de voitures passeront à-côté de ce pauvre animal sans risques pour leur santé.
  • Arrivé au centre-ville, je fais signer mon certificat et prendsun café en terrasse. La sereuse ramasse ce qui me semble être un enrobage de médicament traînant par terre au pied de la table. Pensée immédiate et enchaînement catastrophe : « Le sol n’est pas propre, et l’emballage a pu appartenir à une personne souffrant d’une pathologie sanguine ( Hépatite, Sida, … ). La serveuse l’a touché. Ma tasse risque d’être contaminée si la serveuse touche le bord de celle-ci.  » Je réussit à stopper ce scénario catastrophe et commence à relativiser, à poser le pour et le contre. Contre : l’emballage est peut-être là depuis plusieurs heures. La serveuse s’est sans doute lavée les mains ensuite. Et même si ce n’est pas le cas, le risque que j’attrappe quelque chose est infinitésimal. Le contre l’emporte et je bois mon café sereinement et profite du beau soleil en terrasse.
  • 13h30 : Je passe à la FNAC chercher un livre et une idée de cadeau pour mon frère. Au dos de la couverture du livre ( L’équation Bogdanov : le secret de l’origine de l’univers? » de Lubos Motl ), il y a une petite tâche marron sur l’étiquette du prix. Je l’observe quelques minutes, puis regarde d’autres livres. Il y a également quelques tâches présentessur chaque étiquette. Il y a peu de chance que cela soit dangereux, d’autant que beaucoup de personnes peuvent la toucher. S’il y avait le moindre risque, il y aurait une véritable épidémie. C’est ridicule. Je prends le livre et ressors.
  • En chemin, je frôle un excrément de chien et regarde si mon sac ne touche pas terre, et donc s’il ne risque pas de l’avoir touché. Il est à environ 20 cm du centimètres du sol. Il n’y a pas de danger. Néanmoins je regarde encore fréquement la distance séparant mon sac du sol et veille à ce que le bord inférieur ne touche pas mon pantalon. Je me débarasse du sac en voiture. Mon obsession perdure et je lâche un peu prise, pensant que cela se calmera plus tard. Je ne suis pas, hélas, aubout de mes mésaventures!
  • Je trace la route pour faire signer un deuxième certificat de stage de l’autre côté de la ville.En chemin deux évènements : d’une part une large trace rouge sur la route m’interpelle un peu. Puis 4 à 5 voitures de police arrêtées sur le bas côté auprès d’un véhicule apparement abandonné. Depuis quelque temps, les véhicules d’urgence type pompiers, ambulances, police, me créent des obsessions du fait qu’ils sont amenés à intervenir sur des accidents, et donc pouvant côtoyer du sang. A ce moment là mon angoisse grimpe à 3 ou 4 sur 10. Je me raisonne en route, mais plus difficilement.
  • 16h : je rentre dans ma banque afin d’effectuer un virement. Derrière moi se tient une personne dont un doigt est enveloppé d’un très large pansement. Je ne peux m’empêcher de le surveiller et de veiller à ce qu’il ne s’approche pas de moi etne me touche par mégarde. Pauvre homme! J’espère ne pas l’avoir blessé par mon attitude! Mon angoisse monte petit à petit. Lorsque je sors de la banque, le doute est encore présent en moi : « M’a-t-il touché ou non? ». Lors du retour, je croise un véhicule accidenté, retourné sur le toit, et gardé par un camion de gendarmerie. Mon angoisse augmente encore. Je ne pense plus qu’à une chose : rentrer chez moi et me laver, puis changer mes vêtements.
  • 16h30 : retour à la maison. Cette fois mon angoisse est telle que je préfère ritualiser et ne plus lutter. A ce moment mon angoisse est de 5 à 6 sur 10. Un record depuis bien des mois!
  • 18h30 : je réussis à redescendre enfin dans le salon, après avoir avoir été me doucher, changer mes vêtements et après m’être lavé environ 25 fois les mains d’affilée. A chaque fois que je tentais une sortie de la salle de bain, je craignais d’avoir frôlé le mur avec ma main, mur que mon pull avait touché précédement. Je suis épuisé, le moral à zéro.

Il est maintenant 1h20 du matin, il est temps d’aller me coucher. Juste un mot pour vous dire que cela va mieux. L’angoisse a chuté à 2 sur 10, et je pense même que je n’aurai pas besoin de nettoyer les sièges et le volant de ma voiture demain matin.

Je ferais un nouveau point demain.

1 Comment

Un commentaire

  1. PeSSouZiX dit :

    Bonjour,
    je découvre ton site et ce compte rendu de ta journée. C’est pour te dire omme je comprends combien tu peux être épuisé (physiquement et moralement) après avoir passé chaque moment à lutter contre l’angoisse, à t’en prémunir, à la gérer, à la supporter … Es-tu suivi par un psy, est-ce que tu suis une psychothérapie ? Travailles-tu à connaitre l’origine de ton TOC ?

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