Conférence ‘L’extraordinaire histoire des TOCS’ : Résumé

J’ai pu assisté le 19 juin à la conférence ‘L’extraordinaire histoire des TOCS‘, organisée à Rennes aux Champs Libres. Cette conférence était animée par le Professeur Bruno Millet, psychiatre du CHU de Rennes, dans le cadre des Mardis de l’espace des sciences.

Vous pouvez réécouter cette conférence en allant sur le site de  l’espace des sciences: http://www.espace-sciences.org/conferences/l-extraordinaire-histoire-des-troubles-obsessionnels-compulsifs

Voici donc l’essentiel de cette conférence, qui s’est déroulée en différents points :

  1. Obsession, compulsion, Anxiété, névrose obsessionnelle
  2. TOC : Normal ou pathologique
  3. Délire et hallucinations
  4. Question d’insight … prise de conscience
  5. Le spectre des pathologies obsessionnelles compulsives
  6. Une pathologie neurodéveloppementale
  7. La psychothérapie des tocs sur le divan ne marche pas …
  8. Le cerveau en ébullition : Augmentation de l’activité métabolique
  9. Les thérapeutiques efficaces
  10. Se confronter à ses angoisses : Vivre plutôt que fuir
  11. Techniques de stimulation cérébrale
  12. Traitements du futur
  13. Questions du public

Je ne développerai pas tous ces points mais en ferai un résumé.

           1. Obsession, compulsion, Anxiété, névrose obsessionnelle

B. Millet a rappelé que les tocs étaient un problème de Santé publique, avec une prévalence de 2 à 4 % de la population mondiale. 

Les TOCS suivent un schéma ressemblant un processus qui s’auto-entretient :

conf-tocs

Le problème est que la compulsion atténue temporairement l’angoisse, mais entretient l’obsession.

Différents syndrômes existent :

  • Ordre/Symétrie (Compulsion = Compter)
  • Contamination (Compulsion = Lavage)
  • Collection / Accumulation
  • Phobies d’impulsion / Vérification
  • Sexuels / Religieux

B. Millet rappelle que pendant longtemps, les TOCS étaient considérés comme une névrose obsessionnelle, sur une personnalité obsessionnelle. En réalité, les TOCS interviennent sur tout type de personnalité.

              2. TOC : Normal ou pathologique

Tout-le-monde a des obsessions ou des idées obsédantes (En particulier le soir, quand nous sommes fatigués, …). Nous avons également tous des compulsions (Petites manies). La seule différence avec les personnes atteintes de TOCS, est que ces obsessions et compulsions n’altèrent pas notre fonctionnement au quotidien et ne nous font pas souffrir (Nous ou nos proches).

         3. Délire et hallucinations

Une obsession n’est pas un délire ou une hallucination :

  • Délire = Fausse croyance pathologique (L’obsédé est, lui, très en phase avec la réalité)
  • Hallucination = Perception sans objet

La personne ayant des obsessions a une forte conscience de ses troubles!

            4. Question d’insight … prise de conscience

La question de l’insight revient sur le devant de la scène depuis quelque temps. Elle consiste à prendre conscience de soi-même (Se voir soi-même): notre corps, notre sensorialité, nos préoccupations, …  (Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Insight). Ceci permet une première approche thérapeutique.

Les personnes atteintes de TOCS cherchent souvent à comprendre leurs troubles, à les identifier.

         5. Le spectre des pathologies obsessionnelles compulsives

B. Millet rappelle que beaucoup de troubles se rapprochent des TOCS :

  • Hypochondrie
  • Personnes impulsives (Border-Line, Dysocial)
  • Dysmorphophobie
  • Troubles des comportements alimentaires (Anorexie, Boulimie)
  • Le jeu pathologique
  • Trichotillomanie

          6. une pathologie neurodéveloppementale

Dans la majorité des cas, les TOCS débutent très tôt dans l’enfance, au-moment de la puberté (Entre 11 et 20 ans). B. Millet indique que ces troubles proviendraient probablement de l’éducation mais aussi d’une vulnérabilité biologique.

Il existe également un autre facteur de survenue de TOCS : Le traumatisme ou l’exposition à un évènement violent.

         7. La psychothérapie des tocs sur le divan ne marche pas …

B. Millet signale que l’approche psychanalytique des TOCS ne fonctionne pas très bien, mais possède toutefois une vertu explicative des troubles.

           8. Le cerveau en ébullition : Augmentation de l’activité métabolique

Pour les personnes atteintes de TOCS, la consommation de glucose est plus importante (Surtout au-niveau du cortex frontal). Il y a une augmentation de l’activité métabolique.

        9. Les thérapeutiques efficaces

Les thérapies classiques consistent à utiliser des antidépresseurs (En particulier des médicaments Inhibiteurs de recapture de la Sérotonine). Ces inhibiteurs permettent de combler le déficit en sérotonine, principalement constaté dans le cortex orbitofrontal, chez les personnes atteintes de TOCS. Les sérotoninergiques ont un délai d’action un peu plus long que les antidépresseurs, et sont utilisés avec une posologie plus importante.

B. Millet a rappelé les réticences des médecins à utiliser des psychotropes chez les enfants. Le médicament le plus efficace, utilisé avec succès chez des enfants, est La Clomipramine (Anafranil).

     10. Se confronter à ses angoisses : Vivre plutôt que fuir

Les psychothérapies comportementales et cognitives sont également efficaces, et consistent à se confronter aux situations qui angoissent.

     11. Les techniques de stimulation cérébrale

La stimulation cérébrale profonde consiste à délivrer un faible courant électrique dans certaines structures du cerveau, au-moyen d’électrodes implantées chirurgicalement (Psychochirurgie). Cette technique est utilisée pour le traitement de la maladie de Parkinson.

L’utilisation dans le cadre des TOCS semble très efficace. Par contre, les symptômes (obsessions) réapparaissent progressivement après l’arrêt des stimulations. Les TOCS sont en effet une pathologie chronique.

Les stimulations cérébrales profondes sont utilisées pour les TOCS très sévères.

L’autre type de stimulation cérébrale est la stimulation magnétique trans-crânienne (Stimulation cérébrale superficielle), qui entraîne également quelques améliorations.

Bruno Millet tient à signaler que les médecins utilisant ces techniques de soin répondent à des recommandations éthiques très rigoureuses, avec l’accord du patient et en concertation avec les comités de protection des personnes. Nous sommes donc loin des techniques de psychochirurgie d’après-guerre.

      11. Traitements du futur

Le professeur Millet nous a également parlé d’un  nouvel outil, créé par Syneika,  une entreprise de Rennes. Celle-ci a conçu un neuronavigateur, ayant pour but de guider le geste du médecin et de localiser précisément les cibles du cerveau à traiter. Cette technologie, sorte de GPS du cerveau, permettrait également de comprendre les interactions entre les différentes structures du cerveau.

Les traitements du futur pourraient également concerner des cibles comme les récepteurs à Sérotonine, les récepteurs à Dopamine.

          13. Questions du public

A-partir de quels moments consulter, et qui consulter, lors d’apparition d’obsessions ?

Il faut consulter lorsque l’on souffre et que les comportements deviennent irrépressibles. La plupart du temps, les proches accompagnent la personne atteinte. Les proches sont souvent les personnes qui en souffrent le plus.

Les patients vont alors voir un psychiatre, leur médecin généraliste, ou un médecin spécialiste des TOCS.

 

Quelles sont les différences entre les Tics et les Tocs ?

Les Tics sont des contractions motrices volontaires et en même temps un peu réprimées

 

Bruno Millet a rappelé en fin de conférence que des groupes de Thérapie Comportementale et cognitive avaient été élaborés par le pôle universitaire de psychiatrie de Rennes. Au-cours de séances, les familles sont reçues afin d’informer celles-ci de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire.

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